deco

Nouveautés en radiothérapie- Protons et Ions Carbones

Les photons et électrons sont les particules les plus utilisées en radiothérapie, mais il existe d’autres particules qui peuvent être plus efficaces et qui sont à l’origine du développement de nouvelles techniques. Depuis plusieurs années, on utilise également les protons pour détruire les tumeurs. Les protons sont des particules plus lourdes, plus massives, qui possèdent des qualités de traitement intéressantes, ce qui explique leur utilisation de plus en plus courante mondialement comme cette figure en témoigne :

 photo de protonthérapie

Un faisceau de protons délivre un maximum d’énergie à une profondeur qui dépend de leur énergie initiale. C’est le pic de Bragg. Après ce pic, les protons s’arrêtent brutalement. Les tissus plus profonds sont totalement épargnés : ils ne reçoivent aucune dose.

Cependant ce pic est dans de nombreux cas trop « étroit » et il faut donc l’élargir pour s’adapter à la taille des tumeurs. Depuis dix ans les radiothérapeutes ont appris à le faire, et du coup les distributions de dose sont meilleures que celles en radiothérapie de base (électrons et photons).

Les protons sont donc l’idéal pour épargner les organes lors du traitement ! Mais cette technique reste très chère, nous ne disposons que de deux accélérateurs de protons en France.

Existe-t-il d’autres particules qui pourraient être utiles pour le traitement du cancer ?

Effectivement, nous pouvons faire recours aux ions carbones, qui sont plus lourds que les protons. Cela veut dire qu’ils délivrent une plus forte énergie, c'est-à-dire une dose plus importante. Initiée au Japon, une technique utilisant des ions carbone, présente les mêmes avantages que les protons. Mais ces particules créent plus de dégâts au niveau de l’ADN car ils sont plus lourds. On dit que leur efficacité biologique relative est plus importante que celle des protons.

 graph

Nous ne disposons pas encore d’accélérateurs à ions carbone en Europe, mais cela devrait arriver avec le projet européen « Etoile ». Néanmoins les machines à ions carbone sont plus puissantes et donc encore plus chères. Le centre de hadronthérapie sera basé à Lyon et accueillera ses premiers patients dès la fin de l’année 2012. Il sera construit à l’image du centre moderne japonais de hadronthérapie inauguré en 2001, nommé HIBMC (Hyogo Ion Beam Medical Center) :

HIBMC

Avec 93 m de circonférence, le synchrotron du HIBMC produit des protons de 230 MeV, et des ions carbones de 320 MeV.

Les accélérateurs de particules sont ainsi comme nous l’avons vu au cœur des traitements du cancer. De plus ils sont dans l’actualité des avancées scientifiques et technologiques avec comme but l’amélioration du traitement de cette grave maladie.